ARTIST STORY
YUNGBLUD.
YUNGBLUD donne une voix à l’agitation et offre à son public un espace à lui. Des explosions brèves de Doncaster aux vastes paysages rock d’Idols.
CRÉDIT PHOTO : Frank Schwichtenberg · YUNGBLUD, Rock im Park, 4 juin 2023 · CC BY-SA 4.0 · Image d’archives ; recadrage pour l’image principale sous la même licence.
Cliquez pour charger le lecteur Spotify. Spotify détermine ce que vous pouvez écouter.
Ouvrir dans Spotify ↗UNE VOIX QUI RÉDUIT LA DISTANCE.
Chez YUNGBLUD, un refrain donne souvent l’impression que le microphone pourrait à tout moment se tourner vers le public. Sa voix est rauque par endroits, mobile au milieu et rarement parfaitement tenue à distance. Il peut presque parler une phrase et chanter la suivante de tout son corps. Cette alternance donne à sa musique un caractère immédiat : on entend quelqu’un qui veut qu’une émotion parvienne à l’autre avant qu’elle ne disparaisse à nouveau.
Cela fonctionne dans un morceau court et bondissant, mais aussi dans l’ouverture spacieuse de « Hello Heaven, Hello ». La musique y prend le temps de changer d’atmosphère et d’intensité. Sa voix reconnaissable reste l’élément fédérateur. Ceux qui ne connaissent que l’extérieur bruyant de YUNGBLUD comprennent à ces moments-là à quel point il se soucie du grand récit qu’un morceau de rock peut raconter.
DONCASTER DANS LA VOIX.
Dominic Richard Harrison est né le 5 août 1997 à Doncaster, dans le South Yorkshire, en Angleterre. Très tôt, la musique est déjà bien plus qu’un simple bruit de fond. Il apprend à jouer plusieurs instruments et commence à écrire ses propres chansons enfant. Plus tard, il s’installe à Londres pour poursuivre sa quête musicale.
Ses influences vont des chansons narratives de Bruce Springsteen et de Squeeze à l’énergie directe de The Clash et du hip-hop. Cette combinaison aide à comprendre ses premiers travaux. Le chant n’a pas besoin de suivre constamment une mélodie soignée ; une phrase rythmée ou une accentuation incisive peuvent tout aussi bien en dire long. Parallèlement, il conserve un fort besoin de refrains qui ouvrent la porte à ceux qui découvrent le morceau pour la première fois.
LE PREMIER ALBUM EST PRESSÉ.
21st Century Liability paraît en juillet 2018. Le premier album porte déjà l’impatience dans sa forme. Les rythmes s’enchaînent, les guitares marquent les accents et Harrison oscille entre le chant et une interprétation presque parlée. Il y a peu de distance confortable entre le narrateur et ce qui l’anime. La musique peut être intense, mais elle sait aussi être ludique et légèrement exagérée dans ses mouvements.
« I Love You, Will You Marry Me » révèle son intérêt pour les histoires concrètes. Le morceau trouve son origine dans une véritable histoire d’amour autour d’un complexe résidentiel du South Yorkshire. Le mouvement exalté de la musique et le fond douloureux lui donnent une double profondeur. Cette capacité à transformer un sujet difficile en une forme accessible deviendra importante dans la suite de son œuvre.
D’UNE PERSONNE À UNE SALLE.
Autour de l’EP The Underrated Youth de 2019, la relation avec son public prend de plus en plus d’importance. Harrison explique que les rencontres et les histoires des fans influencent ses écrits. Il s’agit de personnes qui cherchent à trouver leur propre place, souvent alors que leur entourage attend d’elles quelque chose de différent. L’artiste les écoute en retour ; les chansons deviennent un espace où ces expériences se rejoignent.
Cette interaction donne à ses concerts un caractère unique. Le refrain est l’occasion d’exprimer quelque chose ensemble. Le chant puissant peut amplifier cette émotion, mais un moment plus doux en dit parfois plus. C’est précisément lorsque l’accompagnement se retire que l’on comprend à quel point une voix peut se rapprocher d’un auditeur. YUNGBLUD est à son meilleur lorsque son exubérance laisse place à cette vulnérabilité.
WEIRD! REND LE MONDE PLUS GRAND.
Avec Weird! de 2020, les mélodies deviennent plus vastes et les émotions plus clairement exprimées. L’album oscille entre l’énergie punk, la pop et une ballade rock plus ouverte. « Mars » met la voix en avant ; « Strawberry Lipstick » se délecte au contraire d’un son plus libre et plus bruyant. Cette variété maintient en mouvement musical la tentative de comprendre un album sur soi.
Il devient ainsi son premier numéro un dans le classement britannique des albums. Ce succès révèle combien d’auditeurs se sont désormais attachés à sa musique. Pour comprendre l’histoire, il est surtout intéressant d’observer comment l’échelle change. La même énergie nerveuse qui parcourt de courts passages sur le premier album trouve désormais des refrains capables d’occuper un espace plus vaste. Harrison apprend à prendre davantage de place sans renoncer à sa phraséologie reconnaissable.
DANSER SUR LES BORDURES EFFILOCHÉES.
Le titre éponyme YUNGBLUD suit en 2022. « The Funeral » ouvre l’album avec un sens prononcé du mouvement et du drame. « Memories », avec WILLOW, offre à deux voix reconnaissables un espace partagé. Sur « Tissues », une autre tension émerge : un rythme exalté porte un désir qui continue de tirailler sous la surface.
Cet album montre clairement que son identité musicale peut contenir différentes attitudes. Un morceau peut être sombre et sombrement habillé tout en donnant envie de danser. La voix peut amplifier une grande émotion sans que l’accompagnement ait besoin de devenir constamment plus lourd. Ce sont les variations d’accent et d’atmosphère qui captivent l’attention, surtout lorsque l’on écoute un album entier.
IDOLS OFFRE DE L’ESPACE AU MORCEAU.
Sur Idols de 2025, le regard s’élargit. L’ouverture « Hello Heaven, Hello » demande du temps : la musique peut se déployer, changer de direction et repartir de plus belle. « Zombie » choisit un centre mélodique plus net. Harrison montre comment sa voix se maintient dans un environnement moins dépendant de la précipitation de ses premiers travaux.
En février 2026 paraît Idols II, le deuxième volet du même projet. Il ajoute six nouveaux morceaux et une version de « Zombie » avec The Smashing Pumpkins. L’édition commune Idols (Complete) réunit les deux parties. Pour ceux qui collectionnent les disques, cette distinction est utile : l’édition complète regroupe le matériel existant, tandis que la deuxième partie possède son propre programme.
Sa reprise de « Changes » de Black Sabbath prend également tout son sens à cette période. L’enregistrement du concert à Villa Park lui vaut, en 2026, avec les musiciens impliqués, le Grammy Award de la meilleure performance rock. Il révèle une autre facette du même chanteur : porter une mélodie connue, faire monter la tension et laisser une grande émotion s’exprimer clairement.
ONE THING YOU DIDN’T KNOW.
« Tissues » contient un échantillon de « Close to Me » de The Cure. Robert Smith avait personnellement donné son autorisation, comme le confirme le label lors de la sortie. Un détail que l’on reconnaît facilement par la suite. La reconnaissance rythmique relie deux générations, tandis que le chant de Harrison donne au morceau une autre attitude.
L’ENDROIT D’OÙ VOUS PARTEZ.
Placez « I Love You, Will You Marry Me » à côté de « Tissues » et de « Hello Heaven, Hello ». La distance entre ces trois morceaux en dit long sur son évolution. D’abord, on entend la précipitation et le narrateur, puis l’espace dansant, et enfin l’ambition d’un morceau de rock plus long. Écoutez ensuite un album de A à Z. C’est ainsi que les transitions plus discrètes deviennent audibles.
LES FAITS
DISCOGRAPHIE ESSENTIELLE
Les albums studio parus et le deuxième volet d’Idols sorti séparément, par ordre de première sortie. Idols (Complete) regroupe les deux parties et ne compte pas à nouveau. Les albums live et les EP, dont The Underrated Youth et la collaboration One More Time avec Aerosmith, sont exclus de cette série.
- 201821st Century Liability
- 2020Weird!
- 2022YUNGBLUD
- 2025Idols
- 2026Idols II — deuxième volet du projet Idols
FAQ
Qui est YUNGBLUD ?
YUNGBLUD est le nom de scène du chanteur et auteur-compositeur britannique Dominic Harrison. Sa musique oscille entre le punk, le rock alternatif, la pop et le hip-hop, avec des textes directs sur l’identité, les relations et le fait d’être en marge des normes.
Quels sont les morceaux les plus connus de YUNGBLUD ?
« Parents », « I Think I’m OKAY », « 11 Minutes », « The Funeral » et « Zombie » comptent parmi ses morceaux les plus connus. Ils associent des lignes de guitare incisives à des refrains mélodiques et à une interprétation théâtrale et affirmée.
Quel album de YUNGBLUD faut-il écouter en premier ?
weird! de 2020 est un bon point de départ car il révèle le côté plus pop et personnel de son œuvre. Pour sa période de début plus brute, 21st Century Liability est une suite logique.
Pourquoi YUNGBLUD écrit-il son nom en majuscules ?
YUNGBLUD utilise les majuscules comme élément permanent de son identité d’artiste et de son style visuel. Cela correspond à l’importance qu’il accorde à une communauté reconnaissable autour de sa musique, sans que les chansons ne suivent un genre unique.
YUNGBLUD est-il disponible sur vinyle ?
Oui, dans la boutique officielle de vinyles, weird!, 21st Century Liability et Idols sont notamment disponibles. weird! a également bénéficié d’une édition anniversaire de cinq ans sur vinyle marbré argenté.
Découvrez le contexte musical de L’ALTERNATIVE ROCK..
LE MOT DE LA FIN.
UNE PLACE DANS LE REFRAIN.
YUNGBLUD fait de la musique dans laquelle l’agitation peut rester audible. Son évolution réside dans l’espace qu’il construit autour de cette agitation : des explosions brèves à des morceaux avec plus de souffle et de grands arcs mélodiques. La voix reste proche. C’est là que réside l’invitation à continuer d’écouter, au-delà de l’apparence et du premier moment bruyant, vers quelqu’un qui cherche sans cesse à entrer en contact.
Vous voulez découvrir un album de près ? Lisez l’histoire de l’album IDOLS.
Explorez chez SJELF Yungblud – Idols Ii (1LP, Vinyle coloré), YUNGBLUD – Weird! (1LP, Vinyle coloré), YUNGBLUD – 21st Century Liability (1LP Vinyle). Les pages produits présentent les éditions vinyles et le format LP.