ARTIST STORY
TOM JONES.
Des cuivres d’It’s Not Unusual au gospel épuré de Praise & Blame : Tom Jones continue de montrer combien de vies différentes une seule voix peut incarner.
CRÉDIT PHOTO : Raph_PH / Wikimedia Commons · Tom Jones, Royal Albert Hall, 21 avril 2018 · CC BY 2.0 · Recadrage adaptatif.
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Ouvrir dans Spotify ↗Quelques cuivres, un rythme qui s’élance aussitôt, puis cette voix. Dans It’s Not Unusual, Tom Jones semble ouvrir grand les portes. Dans ses œuvres ultérieures, il peut au contraire commencer presque sans accompagnement et vous faire attendre avec une phrase portée par sa voix. Entre ces deux façons de chanter s’étend une longue carrière. Sa puissance reste intacte, mais il apprend sans cesse où la faire fructifier.
UNE VOIX NÉE AU SUD DU PAYS DE GALLES.
Tom Jones naît le 7 juin 1940 à Pontypridd, au sud du Pays de Galles. Il grandit dans un environnement où le travail et la vie communautaire sont étroitement liés à la région minière. Avant de fouler les scènes internationales, il chante dans des clubs et exerce divers emplois. Ce travail de ses débuts exige un contact direct : une chanson doit atteindre des gens qui ne se taisissent pas automatiquement dès qu’une personne se tient devant le microphone.
Cette franchise reste l’une de ses caractéristiques. Jones prononce les consonnes avec emphase et peut faire résonner une voyelle sur toute sa largeur sans perdre le fil de la phrase. Son volume attire l’attention, mais son sens du rythme la retient. Il peut faire monter la tension avant la mesure suivante ou, au contraire, laisser un mot planer un peu plus longtemps. Ainsi, même une chanson connue semble porter un message nouveau à cet instant précis.
1965 : LES PORTES S’OUVRENT.
It’s Not Unusual atteint la première place du classement britannique des succès en 1965. La chanson associe une mélodie pop accessible à une fougue rythmique qui sied parfaitement à Jones. Le refrain est immédiatement reconnaissable ; la voix semble charnelle et pleine de mouvement. La même année paraît son premier album, Along Came Jones, qui est présenté aux États-Unis dans une version adaptée sous le titre It’s Not Unusual. Un chanteur de club local devient une star internationale.
Cette percée lui apporte une sonorité reconnaissable, mais aussi une attente. Après avoir entendu ces envolées puissantes, on a envie de les réentendre. Jones peut y répondre sans traiter chaque chanson de la même manière. L’exubérance de What’s New Pussycat? met en valeur son côté théâtral. Green, Green Grass of Home, au contraire, donne plus de poids au récit et révèle à quel point cette grande voix pop peut s’imprégner de l’esprit country.
UNE CHOSE QUE VOUS IGNOREZ.
Sa percée a commencé comme une démo pour quelqu’un d’autre.
Jones avait initialement enregistré It’s Not Unusual comme démo lorsque la chanson fut proposée à Sandie Shaw. Il raconte dans ses souvenirs que Shaw pensait que le chanteur présent sur la démo devait lui-même sortir le titre. C’est un petit moment qui a eu de grandes conséquences : parfois, une seule interprétation suffit à montrer à qui une chanson est destinée, avant même qu’un single définitif n’existe.
DELILAH ET LE GRAND GESTE.
Avec Delilah, sortie en 1968, sa manière dramatique de chanter prend l’une de ses formes les plus célèbres. La mélodie invite à chanter en chœur, tandis que le récit est violent. Ce contraste fait partie de la chanson et mérite qu’on s’y attarde. L’enthousiasme d’un public ne change pas le texte. Jones met tellement d’emphase dans cette scène que la musique et le récit semblent presque s’opposer.
Dans I Who Have Nothing, une autre tension est à l’œuvre. Le chanteur ne peut offrir que son émotion, tandis que l’arrangement et la voix prennent justement toute leur ampleur. Jones comprend comment une telle contradiction peut porter une interprétation. Il n’a pas besoin de rendre l’émotion plus forte en permanence. Un bref moment de retenue peut donner plus de sens à l’explosion qui suit. Ses meilleures interprétations possèdent ainsi plus de dynamisme que ne le suggère son image de puissance inépuisable.
COUNTRY, FUNK ET NOUVEAUX ALLIÉS.
Dans les années 1970 et 1980, son répertoire navigue entre pop, soul et country. Des disques comme Say You’ll Stay Until Tomorrow, Darlin’ et Tom Jones Country affirment explicitement ce dernier lien. La tradition narrative de la country lui offre un point d’ancrage : une situation, un personnage expressif et une émotion qui doit trouver sa place dans des mots simples. Les fioritures peuvent être grandioses, tant que la phrase reste compréhensible.
Sa collaboration avec Art of Noise sur Kiss lui offre un autre type d’espace. La chanson de Prince exige un contrôle rythmique, des phrases courtes et l’audace de savoir s’arrêter. L’environnement électronique fait à nouveau ressortir sa voix. Dans les années 1990, The Lead and How to Swing It poursuit cet intérêt pour une production contemporaine. La question reste toujours la même : quel arrangement permettra à ce chanteur de faire quelque chose de nouveau ?
RELOAD LE FAIT PARLER À NOUVEAU.
Sur Reload, sorti en 1999, la collaboration devient le point de départ. Les Stereophonics et Mousse T, entre autres, apparaissent aux côtés de Jones. Mama Told Me Not to Come et Sex Bomb fonctionnent de différentes manières, mais bénéficient toutes deux de sa présence reconnaissable. Il n’a pas besoin de se cacher parmi une nouvelle génération de musiciens. La rencontre devient intéressante parce que l’on entend précisément qui participe.
Un duo met bien en évidence son sens du rythme. Une autre voix peut le mettre au défi de répondre plus brièvement ou de placer une phrase différemment. En 2002, Mr. Jones marque une collaboration avec Wyclef Jean. Par la suite, sur le disque commun avec Jools Holland sorti en 2004, il renouera avec le mouvement du rhythm and blues et du rock’n’roll. Les productions changent, mais sa curiosité pour un dialogue musical approprié demeure.
PRAISE & BLAME : L’ESPACE AUTOUR DE LA VOIX.
Avec le producteur Ethan Johns, Jones choisit pour Praise & Blame, sorti en 2010, des arrangements sobres autour du gospel et du blues. Les musiciens jouent ensemble en studio. On l’entend dans la façon dont une guitare ou un coup de batterie peut répondre à la voix. La musique n’a pas besoin de remplir chaque recoin. Le silence entre les accents acquiert une fonction, et l’auditeur se rapproche du souffle et du grain du chant.
Spirit in the Room, sorti en 2012, et Long Lost Suitcase, sorti en 2015, prolongent cette ligne. Une voix plus âgée apporte naturellement une autre couleur, mais un disque intéressant n’émerge que lorsque les chansons lui laissent de l’espace. Jones traite le répertoire comme une matière à explorer à nouveau. Un refrain connu peut être ralenti, un arrangement épuré, et une phrase en apparence anodine peut devenir le point central.
SURROUNDED BY TIME.
En 2021 paraît Surrounded by Time. La collaboration avec Johns prend ici une coloration sonore plus vaste, parfois en quête. Jones y chante notamment Talking Reality Television Blues et I Won’t Crumble with You If You Fall. Le premier titre repose sur le récit ; le second accorde beaucoup d’importance à une promesse portée par la voix. On entend comment une carrière riche d’expérience peut continuer à produire ses effets sans que chaque chanson doive devenir un regard en arrière.
Le disque arrive directement à la première place au Royaume-Uni. Jones a alors quatre-vingt ans et dix mois. Ce record est remarquable, mais la musique rend ce moment significatif : il s’agit d’un album fraîchement enregistré qui atteint le public. Celui qui ne le connaît que pour ses premiers succès peut découvrir ici à quel point la même voix fonctionne aussi bien lorsque l’accompagnement lui laisse de l’espace.
LES FAITS
PONTYPRIDD, PAYS DE GALLES
SOUL, POP, COUNTRY ET BLUES
NUMÉRO 1 BRITANNIQUE, 1965
DISCOGRAPHIE ESSENTIELLE
La discographie des albums studio, avec mention des éditions américaines différentes. Les versions britanniques et américaines portant le même titre sont regroupées ; les changements de titre ne sont pas comptés deux fois. Les albums live, les compilations et le projet musical Matador sont exclus. 13 Smash Hits est un album studio d’interprétations de succès, et non un recueil des meilleurs titres.
- 1965Along Came Jones — États-Unis : It’s Not Unusual
- 1965What’s New Pussycat? — Édition américaine
- 1966A-tom-ic Jones — Versions britannique et américaine
- 1966From the Heart
- 1967Green, Green Grass of Home — Versions britannique et américaine
- 1967Funny Familiar Forgotten Feelings — Édition américaine
- 196713 Smash Hits
- 1968The Tom Jones Fever Zone — Édition américaine
- 1968Delilah
- 1968Help Yourself
- 1969This Is Tom Jones
- 1970Tom
- 1970I Who Have Nothing
- 1971She’s a Lady
- 1972Tom Jones Close Up
- 1973The Body and Soul of Tom Jones
- 1974Somethin’ ’Bout You Baby I Like
- 1975Memories Don’t Leave Like People Do
- 1977Say You’ll Stay Until Tomorrow
- 1977What a Night
- 1979Do You Take This Man
- 1979Rescue Me
- 1981Darlin’
- 1982Tom Jones Country
- 1983Don’t Let Our Dreams Die Young
- 1984Love Is on the Radio
- 1985Tender Loving Care
- 1989At This Moment — États-Unis : Move Closer
- 1991Carrying a Torch
- 1994The Lead and How to Swing It
- 1999Reload
- 2002Mr. Jones
- 2004Tom Jones & Jools Holland — avec Jools Holland
- 200824 Hours
- 2010Praise & Blame
- 2012Spirit in the Room
- 2015Long Lost Suitcase
- 2021Surrounded by Time
FAQ
D’où vient Tom Jones ?
Tom Jones vient de Pontypridd, au sud du Pays de Galles. Il y est né le 7 juin 1940 et a commencé sa carrière en se produisant dans la région.
Quand Tom Jones est-il né ?
Tom Jones est né le 7 juin 1940. Sa percée internationale a eu lieu en 1965 avec It’s Not Unusual.
Avec quel titre Tom Jones a-t-il percé ?
It’s Not Unusual a marqué sa grande percée en 1965. Le single a atteint la première place du classement britannique des succès et a rendu sa voix puissante mondialement reconnaissable.
Quel est le premier album de Tom Jones ?
Son premier album est Along Came Jones, sorti en 1965, qui comprend notamment It’s Not Unusual. L’édition américaine est parue dans une version adaptée sous le titre It’s Not Unusual.
Sur quel album figure Sex Bomb de Tom Jones ?
Sex Bomb figure sur Reload, sorti en 1999. L’album comprend des collaborations avec d’autres artistes et contient également Mama Told Me Not to Come avec les Stereophonics.
Avec qui Tom Jones a-t-il enregistré Sex Bomb ?
Tom Jones a enregistré Sex Bomb avec le DJ et producteur Mousse T. Il existe plusieurs versions et remixes ; vérifiez l’interprétation indiquée sur le disque concerné.
Consultez la page de l’artiste Jones, Tom pour découvrir les éditions vinyles et bien plus encore.
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DERNIER MOT.
La puissance réside aussi dans l’attente.
Tom Jones peut encore aujourd’hui ouvrir une chanson avec sa voix. Son long parcours montre surtout combien de choix précèdent un tel moment. Quand faut-il s’élancer, quand faut-il lâcher prise et de quel accompagnement une phrase a-t-elle besoin ? Commencez par les premiers succès, puis écoutez les œuvres réalisées avec Ethan Johns. La reconnaissance demeure, tandis que l’espace autour de la voix se transforme.
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