ARTIST STORY
LES MACABÉES.
Ils ont commencent avec des guitares nerveuses et finissent par un album numéro un. Ensuite, ils choisissent le silence — jusqu’à ce que le groupe recommence à respirer.
CRÉDIT IMAGE : The Maccabees se produisant à Optimus Alive à Lisbonne, le 15 juillet 2012. Photo : Bene Riobó via Wikimedia Commons. Sous licence CC BY-SA 4.0. Recadré de manière adaptative pour l’affichage par SJELF.
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Ouvrir dans Spotify ↗The Maccabees faisaient de la musique comme si la croissance devait rester audible. Sur leur premier disque, les guitares se chevauchaient avec enthousiasme ; huit ans plus tard, le même groupe sonnait de manière ample, sombre et suffisamment précise pour dominer les classements britanniques des albums. Leur histoire ne se résume pas à quatre albums de plus en plus aboutis. Elle parle aussi d’amitié, de doute et du courage rare d’arrêter au sommet — et de ne revenir que lorsque jouer ensemble semblait à nouveau être un choix.
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CINQ AMIS, AUCUN GRAND PROJET
The Maccabees se forment en 2004 à Londres autour du chanteur Orlando Weeks, des guitaristes Felix et Hugo White et du bassiste Rupert Jarvis. Le batteur Sam Doyle viendra plus tard compléter la formation connue. Le nom du groupe sonnait solennel, mais ne découlait ni de la foi ni d’un manifeste soigneusement élaboré. Ils feuilletaient des livres, dont la Bible, jusqu’à ce qu’un mot leur reste en tête.
Leur musique était dès le départ tout aussi peu calculée. Dans le Londres du milieu des années 2000, une nouvelle génération de groupes de rock à guitares se tenait prête, mais The Maccabees n’ont jamais sonné comme des garçons cherchant à assurer leur place au sein d’un mouvement. Weeks chantait avec une légère vulnérabilité, tandis que deux guitares traçaient de courtes lignes l’une autour de l’autre. Les morceaux étaient pressants, ludiques et étonnamment quotidiens.
COLOUR IT IN
Leur premier album, Colour It In, paraît en 2007 et saisit cette énergie initiale sans chercher à la lisser. First Love, About Your Dress et Precious Time parlaient de relations, de souvenirs et de petits moments qui devenaient soudainement plus grands qu’espéré. Le groupe pouvait sonner anguleux, mais jamais distant. Même la partie de guitare la plus nerveuse portait en elle quelque chose de doux.
Le meilleur exemple était Latchmere. Pas de ville romantique, pas de boîte de nuit ni de lieu mythique : c’est le bassin à vagues du Latchmere Leisure Centre de Battersea qui fournit le sujet. Entre les mains de The Maccabees, un souvenir d’enfance devient un hymne indie exubérant. C’était là leur première force : trouver du sens dans des détails que d’autres auraient facilement ignorés.
UN MUR PLUS LARGE
Avec Wall of Arms en 2009, l’image s’élargit. Le producteur Markus Dravs aide le groupe à faire de la place au piano, aux cuivres et à une dynamique plus puissante. Love You Better conserve la mélodie directe du premier album, mais No Kind Words révèle un côté plus sombre : retenu, menaçant et construit sur un riff qui n’a pas besoin de se hâter pour créer de la tension.
Cette évolution ne ressemble pas à une rupture de style. The Maccabees ont surtout appris à mieux écouter ce dont leurs morceaux avaient besoin. Là où Colour It In courait souvent vers l’avant, Wall of Arms osait s’arrêter. Les espaces entre les instruments sont devenus plus importants. Weeks n’avait pas besoin de hausser la voix ; le groupe construisait autour d’elle un paysage plus vaste.
GIVEN TO THE WILD
Sur Given to the Wild en 2012, tout se réunit. Les guitares restent reconnaissables, mais apparaissent désormais parmi des couches ambiantes, des rythmes pulsés et des mélodies qui se déploient lentement. L’album ressemble moins à une collection de singles isolés qu’à un voyage doté de son propre climat.
Pelican donne de l’élan à cette ambition. Le morceau fonce, tandis que les paroles explorent le vieillissement et le temps limité que les gens passent ensemble. De l’autre côté se trouve Grew Up at Midnight, un final presque sans poids dans lequel l’amitié et la distance s’invitent sans grand geste. Given to the Wild atteint la quatrième place au Royaume-Uni et est nommé pour le Mercury Prize. Le groupe n’est plus seulement un nom indie apprécié. Il a trouvé sa propre envergure.
LA VILLE DANS LE DISQUE
Pour le quatrième album, The Maccabees se retirent dans leur propre studio d’Elephant and Castle. Le quartier se transforme rapidement et le groupe ne se contente pas d’en immortaliser les bâtiments, mais aussi la pression, l’agitation et le mouvement du lieu. Marks to Prove It en 2015 sonne donc urbain : serré, parfois rugueux, mais tout de même lumineux.
La chanson éponyme s’ouvre de manière tendue et directe, tandis que Something Like Happiness évolue vers un refrain presque libérateur. L’album révèle un groupe qui n’a plus besoin de résoudre ses contradictions. Intimité et ampleur, nervosité et contrôle, beauté et déclin peuvent coexister. Le disque devient leur premier numéro un dans les classements britanniques des albums.
« Après 14 ans en tant que groupe, nous avons décidé d’en rester là. »
PARTIR AU SOMMET
Juste après ce succès, aucun successeur précipité ne suit. En 2016, le groupe annonce sa séparation. Aucun drame public n’est nécessaire pour donner du poids à la décision. Après quatorze ans, les membres sentent que la direction commune n’est plus une évidence. Ils choisissent de ne pas poursuivre le groupe par simple habitude.
En 2017, The Maccabees disent adieu avec une série de concerts. Cela rend leur discographie d’une clarté inhabituelle : quatre albums studio, sans période finale faible ni tentative de répéter indéfiniment une formule antérieure. Chaque album documente une phase différente, mais l’évolution entre eux reste audible.
LE RETOUR
Sept ans plus tard, le logo réapparaît, suivi de la confirmation d’une réunion. En 2025, The Maccabees remontent ensemble sur scène, notamment à Glastonbury et en tête d’affiche d’All Points East. Ce qui aurait pu sembler au départ comme un retour délimité se poursuit avec de nouvelles performances en 2026.
Il n’est pas certain que de nouvelles musiques en découlent. Cela correspond bien au groupe. Leurs meilleurs travaux ne sont jamais nés parce qu’une étape suivante était commercialement logique, mais parce que cinq personnes ont trouvé ensemble une forme qu’elles ne pouvaient pas créer séparément. Le retour n’a pas à annuler la fin précédente. Il prouve surtout qu’un adieu sincère et une réunion authentique peuvent coexister.
LES FAITS
Londres
2015
DISCOGRAPHIE ESSENTIELLE
Quatre albums studio dans lesquels le rock indie nerveux devient de plus en plus ample, sombre et assuré.
- 01 Colour It In 2007
- 02 Wall of Arms 2009
- 03 Given to the Wild 2012
- 04 Marks to Prove It 2015
FAQ
D’où venaient The Maccabees ?
The Maccabees étaient un groupe britannique de rock indie né à Londres. Le groupe s’est bâti depuis le milieu des années 2000 un public à lui avec des guitares anguleuses, des refrains mélodiques et la voix caractéristique d’Orlando Weeks.
Qui étaient les membres de The Maccabees ?
Le noyau était composé d’Orlando Weeks, des frères Felix et Hugo White, de Rupert Jarvis et de Sam Doyle. Cette formation est à l’origine des albums qui ont permis au groupe d’évoluer d’un indie bondissant vers un son plus ample et plus atmosphérique.
Quels sont les morceaux les plus connus de The Maccabees ?
« First Love », « Toothpaste Kisses », « Love You Better » et « Something Like Happiness » sont d’excellents points d’entrée. Ils permettent d’entendre l’évolution de la pop à la guitare nerveuse et précoce vers un son plus mature et plus riche en couches.
Quel album de The Maccabees devrais-je écouter ?
Given to the Wild en 2012 est un excellent point de départ pour découvrir le côté ample et atmosphérique du groupe. Le Marks to Prove It ultérieur de 2015 est plus brut et plus direct, et fut leur dernier album studio avant leur séparation.
Marks to Prove It est-il disponible sur vinyle ?
Oui, Marks to Prove It a été réédité sur vinyle en édition anniversaire, notamment en 2LP et en vinyle zoélope. Given to the Wild et Colour It In figurent également dans la boutique officielle en éditions vinyles.
Ils sont devenus plus bruyants en apprenant à laisser de la place.
The Maccabees ont produit quatre albums qui ne sonnent pas tous de la même manière, mais qui vont clairement ensemble. Chaque disque conservait quelque chose de la version précédente tout en osant aller plus loin. Leur retour ne ressemble donc pas à une tentative de revendre le passé. C’est la preuve supplémentaire que les meilleurs groupes savent non seulement comment jouer ensemble, mais aussi quand s’arrêter — et pourquoi ils veulent recommencer.