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ALBUM STORY

THE MOUNTAIN WILL FALL. (DJ Shadow)

Vingt ans après Endtroducing, DJ Shadow refuse d’habiter son propre monument. The Mountain Will Fall fait s’entrechoquer des disques anciens, de l’électronique nouvelle et des musiciens aux univers très différents. La question est de savoir comment aller de l’avant quand tout le monde continue de se souvenir de vos débuts.

11 MIN READ WORDS BY SJELF.
DJ Shadow — The Mountain Will Fall, 10th Anniversary Standard Edition, hoes van Paul Insect

CRÉDIT PHOTO — POCHE ALBUM : Paul Insect / DJ Shadow / Mass Appeal. Image du produit : l’édition standard 10th Anniversary du catalogue SJELF/Bertus. Pour cette présentation, la face avant de la pochette est mise en valeur.

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Une montagne est une image étrange pour l’album de quelqu’un qui a déjà accompli tant. Pourtant, elle convient à DJ Shadow en 2016. Son premier album est désormais un classique, chaque nouveau disque est comparé à celui-ci, et un passé reconnaissable peut aussi devenir un obstacle. The Mountain Will Fall rend cette situation musicalement intéressante. Josh Davis cherche une nouvelle étape sans promettre à l’auditeur que celle-ci ne ramènera pas à 1996.

Le disque contient douze morceaux. Run the Jewels côtoie Nils Frahm, Ernie Fresh Matthew Halsall, tandis que G Jones et Bleep Bloop apportent un autre univers électronique. Sur le papier, cela ressemble à une collection de directions indépendantes. L’album ne devient vraiment captivant qu’à la question de ce que DJ Shadow en fait. Les invités peuvent rester reconnaissables, mais l’enregistrement doit aussi être transformé par ses mains en quelque chose de différent.

UN DJSET OUVRE LA PORTE.

Après The Less You Know, the Better de 2011, Shadow a traversé une période où il écoutait à nouveau beaucoup de musique actuelle en tant que DJ. Les sets à Low End Theory et ses soirées All Basses Covered lui ont offert l’espace nécessaire. Au lieu de présenter exclusivement ses propres œuvres, il pouvait à nouveau choisir parmi ce que d’autres créaient à ce moment-là. Cette pratique d’écoute est devenue l’un des préludes au nouvel album.

C’est une différence fondamentale avec l’image du producteur qui ne fait que plonger plus profondément dans ses propres archives. Le travail de nouveaux créateurs peut révéler vos propres habitudes. Un rythme que vous n’avez pas encore utilisé, une basse qui occupe différemment l’espace ou un son électronique qui se moque peu de votre histoire musicale : de telles rencontres peuvent changer la question que vous vous posez en entrant en studio.

The Mountain Will Fall est sorti le 24 juin 2016 chez Mass Appeal. Cinq ans séparent cet album de son prédécesseur. Le disque ne doit donc pas être écouté uniquement comme une réponse au célèbre premier album. Le travail qui l’a immédiatement précédé et l’écoute récente du créateur ont également leur place. Une carrière se compose de décisions successives, et non d’une formule unique réussie et de toutes les déviations qui en découlent.

LE TITRE-TRACK CRÉE DE L’ESPACE.

Le morceau instrumental éponyme ouvre un environnement avant qu’un rappeur n’apparaisse. Les sons électroniques ne vous donnent pas immédiatement un vieux disque familier auquel vous accrocher. C’est une première étape appropriée pour cet album. Le producteur se place au premier plan en tant que créateur de l’ensemble de l’espace : non seulement comme fournisseur d’une boucle, mais aussi comme celui qui détermine à quel point un son peut paraître vaste, intime ou instable.

C’est précisément à côté des voix ultérieures que cette ouverture prend tout son sens. On vous demande d’abord d’entrer dans un univers sonore, puis on vous présente une chanson qui s’adresse beaucoup plus directement à quelqu’un. L’album fait coexister différents types d’attention. Parfois, vous suivez une figure au premier plan, parfois vous devez vous-même chercher les liens entre le rythme et la texture. L’ordre en fait partie intégrante de la composition.

NOBODY SPEAK : DEUX VOIX, AUCUN DOUTE.

Sur “Nobody Speak”, El-P et Killer Mike, ensemble au sein de Run the Jewels, investissent immédiatement l’espace. Leur interaction donne au morceau un caractère affirmé. Là où une piste instrumentale peut laisser beaucoup de choses en suspens, les rappeurs apportent une attitude spécifique et un flux de mots. La production doit pouvoir les porter sans pour autant s’effacer facilement en arrière-plan.

L’attrait réside également dans cette répartition des rôles. Deux voix peuvent s’encourager, s’interrompre et se renforcer ; un motif musical récurrent peut maintenir leur énergie dans une dynamique reconnaissable. DJ Shadow n’a pas besoin d’en devenir un accompagnateur invisible. La façon dont le morceau répartit ses accents et ses espaces vides fait partie du plaisir de l’exécution. Le beat et les rappeurs ont chacun leur propre emphase.

“Nobody Speak Part 2” est un autre enregistrement de la période du jubilé de 2026, avec également Denzel Curry et TiaCorine. Il ne figure pas sur le double LP standard associé à cette histoire. La distinction est simple mais importante : une chanson connue qui reçoit plus tard une nouvelle version ne modifie pas rétroactivement l’ordre original de l’album.

BERGSCHRUND N’EST PAS UN INTERMÈCE PIANISTIQUE.

Nils Frahm est connu pour la façon dont il lie les touches et le son électronique. Celui qui attend de sa simple mention un piano silencieux trouvera ici une autre approche. Pour “Bergschrund”, il a fourni une ligne de synthé vintage que Shadow a ensuite développée. La collaboration ne porte donc pas sur un invité reconnaissable qui vient faire son tour de magie habituel. Le matériau devient partie intégrante d’un enregistrement commun.

Le titre désigne une fissure dans la glace de haute altitude. En tant qu’image auditive, c’est évocateur : une surface peut sembler solide tout en contenant une ouverture. Vous n’avez pas besoin d’imaginer un paysage montagneux littéral pour suivre la tension entre continuité et interruption. Écoutez comment un mouvement récurrent peut changer de sens selon ce qui est placé à côté. La répétition n’a pas besoin de disparaître en elle-même pour devenir inquiétante.

THE SIDESHOW ET LA PRESSION D’UN BEAT.

“The Sideshow” avec Ernie Fresh ramène de manière frappante la voix au premier plan. Ensuite, “Depth Charge” clôture le côté B. Ainsi, l’album alterne entre quelqu’un qui exige l’attention et une production qui doit elle-même porter l’image entière. Cette alternance empêche de considérer automatiquement le travail instrumental comme un simple intermède entre les morceaux invités.

C’est aussi une bonne façon d’écouter le double LP. Chaque côté compte trois morceaux. Vous obtenez ainsi de petits groupes dans lesquels les différences ressortent davantage. Une transition devient une question : ce que reprend le morceau suivant, et ce qu’il laisse derrière lui ? L’interruption physique après trois morceaux offre l’espace nécessaire pour laisser une telle évolution décanter avant de continuer.

ASHES TO OCEANS : UN MUSICIEN DEVIENT MATÉRIAU.

Sur “Ashes to Oceans”, Shadow travaille avec le trompettiste Matthew Halsall. L’intérêt ne réside pas uniquement dans la présence d’un musicien de jazz. Le matériau joué par Halsall a été enregistré, puis traité comme un élément sur lequel le producteur pouvait continuer à construire. Cela brouille la simple opposition entre un sample trouvé et un instrument enregistré en direct. Dans les deux cas, un enregistrement peut devenir le point de départ d’une nouvelle étape de composition.

Cela rend la collaboration différente d’un solo d’invité posé sur un beat déjà achevé. Le créateur du son et celui qui l’organise dans le temps partagent le résultat. Une respiration, une note ou une courte phrase peut trouver plus ou moins d’espace grâce à un nouvel environnement. L’interprétation originale reste importante, mais le montage détermine également la façon dont vous l’expérimentez.

Le morceau dure plus de six minutes et prend le temps de se développer au milieu du côté C. Après “Mambo” et avant “Pitter Patter”, il forme une échelle à part entière au sein du disque. Laissez cette longueur se déployer vraiment. Les différences entre une urgence brève et un développement plus long font partie de l’album, et ne sont pas un problème à lisser par une playlist.

PITTER PATTER ET LA NOUVELLE GÉNÉRATION.

G Jones et Bleep Bloop participent à “Pitter Patter”. Leur présence rend concrète la connexion avec une production électronique plus actuelle. Ils figurent sur le même disque que des musiciens aux parcours très différents. Il est tentant de décrire cela comme un choc de générations, mais la question plus utile est de savoir ce que la collaboration rend possible dans l’enregistrement.

Un producteur n’a pas besoin de prouver son identité en ayant lui-même joué chaque son. Elle peut aussi résider dans le choix, le traitement et les relations entre les éléments. Ce principe se prolonge des premiers travaux de sampling de Shadow jusqu’à cet album. Les sources changent ; la responsabilité de créer un ensemble convaincant demeure.

CALIFORNIA ET LA CLÔTURE.

Le dernier côté contient “California”, “Ghost Town” et “Suicide Pact”. Après tous les invités différents, le programme original se termine par trois morceaux sans artiste invité mentionné. Cela donne au créateur l’espace final. Les noms connus ont fait partie du voyage, mais ils n’ont pas besoin de lui expliquer la fin.

Pour ceux qui associent avant tout Shadow à la mélancolie, il est intéressant de laisser justement ce disque se déployer dans son intégralité. Toutes les séquences ne recherchent pas la même température émotionnelle. Un album peut être lourd, brutal, vaste et réfléchi sans qu’un seul adjectif ne doive finalement l’emporter. La cohérence naît de la façon dont ces attitudes se succèdent et de l’oreille qui a choisi les transitions.

UNE NOUVELLE POCHE POUR LE MÊME PROGRAMME.

Pour le dixième anniversaire, Paul Insect est revenu pour réimaginer son design original. La 10th Anniversary Standard Edition est un double LP sur vinyle noir 140 grammes dans une pochette gatefold. Cette histoire montre la face avant de cette édition proposée. L’image s’accorde donc avec le produit sur ON THE SJELF, même si le disque avait une apparence différente lors de sa première parution.

L’édition Deluxe grand format de la campagne du jubilé est un produit distinct, avec plus de disques et de matériel supplémentaire. La version Deluxe numérique est également plus complète. L’édition standard proposée ici par SJELF contient les douze morceaux originaux, répartis sur quatre côtés. Le bouton Spotify associé à cette histoire ouvre donc la version contrôlée de douze morceaux. Vous pouvez ainsi suivre le programme sans considérer le matériel bonus comme faisant partie de ce LP.

AU-DELÀ D’UN CLASSIQUE.

The Mountain Will Fall est intéressant parce qu’une réputation établie ne devient pas ici une réponse définitive. Shadow peut inviter un rappeur, laisser entrer une ligne de synthé ou enregistrer un trompettiste comme matériau de base, puis doit à nouveau répondre à la même question : pourquoi ces sons vont-ils ensemble à cet endroit ? Ce travail n’est pas terminé lorsqu’un premier disque est devenu un classique.

Endtroducing reste un point de départ important pour son histoire. Mais une carrière s’enrichit quand le point de départ ne reprend pas chaque nouvelle destination. Sur ce disque, cette idée prend une forme pratique : douze étapes différentes, réunies par quelqu’un qui préfère continuer à écouter plutôt que de parler de son propre passé.

Lisez également L’HISTOIRE DE L’ARTISTE et découvrez LA PAGE DE L’ARTISTE DE DJ SHADOW. Notre GUIDE HIP-HOP et notre GUIDE TRIPHOP offrent un contexte plus large.

LE DISQUE.

ARTISTEDJ Shadow
PARUTION ORIGINALE24 juin 2016
LABELMass Appeal
ÉDITION ASSOCIÉE10th Anniversary Standard Edition · 2LP
POCHENouveau design par Paul Insect
PROGRAMME12 morceaux · 4 faces LP

LISTE DES MORCEAUX — DOUBLE LP STANDARD.

  1. 01The Mountain Will FallCÔTÉ A
  2. 02Nobody Speak (feat. Run the Jewels)CÔTÉ A
  3. 03Three RalphsCÔTÉ A
  4. 04Bergschrund (feat. Nils Frahm)CÔTÉ B
  5. 05The Sideshow (feat. Ernie Fresh)CÔTÉ B
  6. 06Depth ChargeCÔTÉ B
  7. 07MamboCÔTÉ C
  8. 08Ashes to Oceans (feat. Matthew Halsall)CÔTÉ C
  9. 09Pitter Patter (feat. G Jones & Bleep Bloop)CÔTÉ C
  10. 10CaliforniaCÔTÉ D
  11. 11Ghost TownCÔTÉ D
  12. 12Suicide PactCÔTÉ D

FAQ

Quand The Mountain Will Fall est-il sorti ?

L’album original est sorti le 24 juin 2016. La 10th Anniversary Standard Edition proposée ici est une réédition de 2026.

Qui y participe ?

Run the Jewels, Nils Frahm, Ernie Fresh, Matthew Halsall, G Jones et Bleep Bloop ont contribué à l’album original.

Quelle édition puis-je commander avec cette histoire ?

La 10th Anniversary Standard Edition sur deux disques noirs 140 grammes dans une pochette gatefold, avec la nouvelle pochette de Paul Insect. EAN 0820200529558.

Le contenu Deluxe étendu est-il inclus ?

Non. Le double LP standard contient douze morceaux. La Deluxe 4LP et la version Deluxe numérique contiennent du matériel supplémentaire.

Nobody Speak Part 2 figure-t-il sur ce LP ?

Non. Cette édition contient Nobody Speak avec Run the Jewels. Part 2 de 2026 appartient à la version anniversaire plus complète.

Quelle version Spotify est associée ?

L’album original de douze morceaux de DJ Shadow. Ce programme correspond au double LP standard.

Endtroducing est-il également disponible ?

Le triple LP anniversaire associé à SJELF est actuellement épuisé. Vous trouverez le statut actuel et les autres éditions sur LA PAGE DE L’ARTISTE.

LE MOT DE LA FIN

CONTINUER À ÉCOUTER, C’EST AUSSI AVANCER.

La réputation demeure, mais le créateur n’a pas besoin d’y habiter. Donnez à ces douze morceaux leur propre échelle et écoutez comment une oreille reconnaissable peut laisser place à des voix et des sons inattendus.

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