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ARTIST STORY

BARRY WHITE.

Avant même que Barry White ne chante un mot, il a souvent déjà aménagé la pièce. Une ligne de basse lance le mouvement, les cordes ouvrent l’espace et, quelque part au-dessus, retentit un court motif de guitare. Puis cette voix grave apparaît. Elle semble n’avoir aucun effort à fournir pour attirer l’attention. Pourtant, l’effet repose sur bien plus qu’un son exceptionnel. White était aussi auteur, producteur et arrangeur : c’est lui qui décidait combien de temps il fallait attendre avant cette première phrase, et pourquoi cette attente était si agréable.

9 MIN READ WORDS BY SJELF.
Barry White tijdens het Grand Gala du Disque in de Amsterdamse RAI op 17 februari 1974

CRÉDIT PHOTO : Photographe inconnu / Anefo, Archives nationales via Wikimedia Commons · Grand Gala du Disque, Amsterdam, 17 février 1974 · CC0 1.0 · Recadré de manière responsive.

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D’ABORD LE CRÉATEUR, PUIS LA STAR

Barry White est né en 1944 à Galveston, au Texas, et a grandi à Los Angeles. Sa carrière musicale a commencé bien avant ses grands succès en solo. Il a appris le métier en tant que musicien, auteur-compositeur et producteur. Ce parcours est essentiel pour comprendre ses disques. Il ne se contentait pas de se tenir devant un microphone pour chanter un arrangement existant. Il réfléchissait à l’ensemble de l’environnement dans lequel sa voix devait s’inscrire. Chez SJELF, vous trouverez Just Another Way To Say I Love You sur vinyle et Love's Theme: the Best of the 20th Century Records sur vinyle.

Son succès en tant que producteur est venu avec Love Unlimited. Le trio était composé de Glodean James, Linda James et Diane Taylor. Leur titre Walkin' in the Rain with the One I Love est devenu un succès en 1972. White l’a écrit et produit, et a collaboré avec Gene Page pour l’arrangement. Cette version contient déjà beaucoup de ce qui caractérisera plus tard ses propres disques : romantisme, début narratif et accompagnement qui crée une atmosphère.

LA VOIX S’AVANCE

Avec I've Got So Much to Give en 1973, White s’est clairement avancé au premier plan. I'm Gonna Love You Just a Little More Baby est devenu un grand succès. L’enregistrement révèle presque ostensiblement sa méthode de travail : d’abord une invitation rythmique, puis la voix, suivie d’un environnement musical de plus en plus riche. Le chanteur semble proche, tandis que la production autour de lui se déploie généreusement.

Son registre grave lui donnait immédiatement une identité reconnaissable. Son sens du rythme était tout aussi déterminant. White pouvait parler, chanter à demi-voix puis chanter pleinement au sein d’une même chanson, sans que cela ressemble à trois façons différentes de se produire. Une phrase parlée faisait partie intégrante de la composition. Elle donnait au rythme une touche humaine et permettait à l’instant chanté suivant d’entrer avec plus de force.

Il y a aussi là une différence entre avoir simplement une voix grave et porter une prise de son de manière convaincante. White utilisait l’espace autour de ses mots. Il n’avait pas besoin de terminer une phrase à la hâte et ne remplissait pas immédiatement les silences. Les instruments continuaient à bouger pendant qu’il attendait. Cela donnait à son interprétation une sérénité qui tenait bon même dans les arrangements les plus exubérants.

STONE GON': LE TEMPS EST DE VOTRE CÔTÉ

En 1973 encore, Stone Gon' est sorti. Avec seulement cinq longues pistes, ce disque privilégie les formes étendues. Never, Never Gonna Give Ya Up en est l’exemple le plus connu. La chanson crée un état dans lequel on peut rester un moment. La répétition n’est pas un manque d’idées : les variations de l’accompagnement et du chant y trouvent au contraire de l’espace.

Dans une courte version radio, une telle chanson devient surtout une succession de moments forts reconnaissables. Sur la durée d’un album, on entend mieux comment White y parvient. Le groove revient sans cesse, mais une nouvelle ligne de cordes ou une petite réponse vocale en change la couleur. On attend moins le refrain suivant et on prête davantage attention au mouvement au sein de la même mesure.

1974 : UN SON QUI S’INFILTRE PARTOUT

En 1974, la musique de White a atteint un public encore plus large. Love's Theme est devenu un numéro un américain sous le nom de Love Unlimited Orchestra. Fait remarquable, il s’agit d’un enregistrement instrumental. Cela montre que sa signature musicale pouvait être reconnaissable même sans son chant. Les cordes mélodiques et les rythmes entraînants portent toute l’histoire.

Plus tard cette année-là, Can't Get Enough of Your Love, Babe a également atteint le sommet du classement américain des singles. L’album associé, Can't Get Enough, est devenu numéro un lui aussi. Ce disque rassemble avec une clarté particulière le pouvoir d’attraction de White : une voix avec du poids, un rythme qui continue de pousser et des mélodies qui entrent sans détour.

You're the First, the Last, My Everything montre le côté exubérant de ce même son. Le mouvement continu donne de l’élan à la déclaration d’amour. Ici, White n’est pas un chanteur qui veut uniquement tamiser les lumières. La musique cherche délibérément la piste de danse. Elle peut être à la fois généreuse, joyeuse et intime.

SOUL AVEC UN MOUVEMENT CONTINU

Les albums du milieu des années soixante-dix montrent White continuant à travailler dans ce vocabulaire reconnaissable. Just Another Way to Say I Love You et Let the Music Play s’appuient sur la combinaison de longues lignes chantées et de solides bases rythmiques. Dans le titre éponyme de ce dernier disque, les mots et le mouvement de danse semblent étroitement liés.

Barry White Sings for Someone You Love, sorti en 1977, constitue un autre excellent point d’arrêt. It's Ecstasy When You Lay Down Next to Me possède une impulsion forte et répétitive. L’accent est mis sur le rythme et sur la façon dont la voix se déplace par-dessus. La chanson révèle à quel point le funk est présent dans sa soul.

Dans ces enregistrements, on peut suivre différentes couches sans perdre de vue l’ensemble. La basse donne la direction, la guitare apporte de petits coups rythmiques et les cordes tracent des lignes plus longues. Comme ces éléments ont des fonctions différentes, la musique n’a pas besoin d’être surchargée. White peut déployer son jeu en largeur tout en laissant de la place à un cœur clairement battant.

CONTINUER APRÈS LA GRANDE VAGUE

Sa discographie ne s’est pas arrêtée à la fin des années soixante-dix. Des disques comme Sheet Music, Beware! et Change appartiennent à une période où son son a rencontré un autre environnement pop. Il a également enregistré avec Glodean, désormais son épouse, l’album duo Barry & Glodean. Ce disque commun fait partie de son travail en studio et donne à l’interaction vocale un rôle principal naturel.

Plus tard ont suivi The Right Night & Barry White, The Man Is Back! et Put Me in Your Mix. Les titres laissent déjà entrevoir la présentation pleine d’assurance qui lui était propre. En même temps, ce n’est pas une raison pour rejeter son œuvre ultérieure comme une répétition constante du même disque. D’autres choix de production et d’autres partenaires musicaux déplacent un peu à chaque fois le son familier de sa voix.

Un beau moment en dehors de ses propres albums est The Secret Garden sur Back on the Block de Quincy Jones. Aux côtés de James Ingram, El DeBarge et Al B. Sure!, entre autres, White conserve immédiatement son propre poids. Sa contribution montre à quel point un timbre personnel bien défini peut également fonctionner au sein d’un ensemble vocal plus large.

L’ICÔNE EST L’AMOUR

Avec The Icon Is Love, sorti en 1994, White a de nouveau trouvé un large public. Practice What You Preach a donné à son approche bien connue une place convaincante dans le R&B des années quatre-vingt-dix. La production sonne actuelle pour cette période, tandis que l’autorité tranquille de sa voix est préservée.

Staying Power est sorti en 1999 et a été son dernier album en studio. Le titre éponyme lui a valu deux prix lors de la cérémonie des Grammy Awards de 2000. Cette reconnaissance tardive correspond à une carrière dans laquelle un son immédiatement reconnaissable a duré longtemps. White est décédé en 2003, mais son catalogue va bien au-delà d’une poignée de chansons d’amour très utilisées.

UN BON PARCOURS D’ÉCOUTE

Commencez par Can't Get Enough pour la combinaison de grands succès et d’un univers d’album soigneusement construit. Allez ensuite vers Stone Gon' pour entendre ce qu’il a fait avec des formes plus longues. Avec The Icon Is Love, vous déplacez cette même attention vers une période ultérieure. Ces trois disques rendent l’évolution lisible sans la ramener à une seule liste de succès.

Pendant l’écoute, laissez aussi de côté la première minute instrumentale. C’est précisément là que l’on entend le producteur réfléchir : quel instrument apparaît en premier, quand l’espace s’agrandit-il et combien de temps le groove dispose-t-il avant que le chanteur n’entre ? Chez Barry White, l’histoire commence souvent bien avant que la première déclaration d’amour ne soit prononcée.

UNE CHOSE QUE VOUS NE SAVIEZ PAS.

Le numéro un américain Love's Theme est de Love Unlimited Orchestra. White était le créateur de l’enregistrement, mais ce n’est pas un single chanté de Barry White. Ce succès souligne à quel point son univers musical pouvait être reconnaissable même sans sa voix.

LES FAITS

NÉ12 septembre 1944 · Galveston, Texas
SIGNATUREBasse-baryton grave, passages parlés, cordes soul et funk
MOMENT ICONIQUECan't Get Enough · Numéro un américain en 1974

DISCOGRAPHIE ESSENTIELLE

Les vingt albums studio en son nom, y compris Barry & Glodean. Love Unlimited, Love Unlimited Orchestra, les bandes originales et les compilations forment des catalogues distincts.

  1. 1973I've Got So Much to Give
  2. 1973Stone Gon'
  3. 1974Can't Get Enough
  4. 1975Just Another Way to Say I Love You
  5. 1976Let the Music Play
  6. 1976Is This Whatcha Wont?
  7. 1977Barry White Sings for Someone You Love
  8. 1978The Man
  9. 1979I Love to Sing the Songs I Sing
  10. 1979The Message Is Love
  11. 1980Sheet Music
  12. 1981Barry & Glodean · avec Glodean White
  13. 1981Beware!
  14. 1982Change
  15. 1983Dedicated
  16. 1987The Right Night & Barry White
  17. 1989The Man Is Back!
  18. 1991Put Me in Your Mix
  19. 1994The Icon Is Love
  20. 1999Staying Power

FAQ

D’où venait Barry White ?

Barry White est né en 1944 à Galveston, au Texas, et a grandi à Los Angeles. C’est là qu’il s’est formé en coulisses comme musicien, arrangeur, auteur-compositeur et producteur avant de devenir lui-même une star.

Pourquoi la voix de Barry White est-elle si reconnaissable ?

White chantait dans un registre de basse-baryton exceptionnellement grave et utilisait également des passages parlés comme partie intégrante de ses arrangements. Cette voix faisait face à des cordes aiguës, des chœurs en arrière-plan et un rythme soul et disco puissant, ce qui rendait ses disques immédiatement reconnaissables.

Quel a été le tournant de Barry White ?

En tant que producteur et auteur-compositeur, il a d’abord connu le succès avec le groupe vocal Love Unlimited. Sa propre carrière en solo a décollé en 1973 avec I’ve Got So Much to Give et le single I’m Gonna Love You Just a Little More Baby.

Qu’était le Love Unlimited Orchestra ?

Le Love Unlimited Orchestra était la grande formation orchestrale avec laquelle White réalisait ses arrangements. Le single instrumental Love’s Theme a fait fusionner cordes, rythme et mélodie, et est devenu un exemple précoce important de la transition de la soul à la disco.

Quels albums de Barry White sont essentiels ?

Commencez par I’ve Got So Much to Give et Can’t Get Enough pour son son classique des années soixante-dix. Stone Gon’ approfondit ce style, tandis que The Icon Is Love, sorti en 1994, marque son retour réussi dans les années quatre-vingt-dix.

Quelle musique de Barry White est la meilleure porte d’entrée sur vinyle ?

Can’t Get Enough contient à la fois Can’t Get Enough of Your Love, Babe et You’re the First, the Last, My Everything, ce qui en fait un excellent premier LP. Pour le côté instrumental, Rhapsody in White du Love Unlimited Orchestra est un complément logique.

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Consultez la page de l’artiste BARRY WHITE pour découvrir les éditions vinyles et bien plus encore.

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LE MOT DE LA FIN.

LE GROOVE OUVRE LA PORTE.

Cette voix est le point de repère, mais Barry White a construit tout l’espace autour. Ses meilleurs disques donnent à chacun des cordes, au rythme et au chant leur propre rôle. Prenez le temps d’écouter un disque entier : vous entendrez comment un producteur peut faire de l’attente, de la répétition et d’une entrée parfaitement chronométrée une véritable musique.

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