ARTIST STORY
ART BLAKEY.
Art Blakey a fait de ses Jazz Messengers un groupe qui recommençait sans cesse. À propos du hard bop, des jeunes talents et d’un batteur qui pousse chaque solo vers l’avant.
CRÉDIT IMAGE : Heinrich Klaffs, via Wikimedia Commons · CC BY-SA 2.0. Image recadrée et redimensionnée selon l’écran. Le recadrage est soumis à la même licence.
Cliquez pour charger le lecteur Spotify. Spotify détermine ce que vous pouvez écouter.
Ouvrir dans Spotify ↗LE MOTEUR DU GROUPE.
Chez Art Blakey, la batterie est un point de départ à partir duquel tout le groupe est sollicité. Un roulement peut faire monter la tension, un coup sec ramener un soliste au rythme. Sa musique a donc quelque chose de directement physique : on entend un groupe de musiciens qui se maintient en éveil les uns les autres. Blakey peut jouer avec puissance sans perdre de vue la mélodie. C’est précisément cette interaction qui fait de ses disques une excellente porte d’entrée dans le hard bop. Il n’est pas nécessaire de connaître le schéma d’accords pour suivre le mouvement. Commencez par le pouls, écoutez ensuite les cuivres et remarquez comment la batterie répond à leurs phrases.
DE PITTSBURGH AUX GRANDS GROUPS.
Né en 1919 à Pittsburgh, Blakey s’est formé en grande partie en autodidacte. Dans les années quarante, il a notamment joué avec Mary Lou Williams, Fletcher Henderson et Billy Eckstine. Cette expérience aide à comprendre sa musique ultérieure. Un batteur dans un grand groupe doit à la fois garder le temps et réagir aux différentes voix. Chez Blakey, cette tâche se transforme en une manière reconnaissable de diriger. Sa batterie donne une direction à l’arrangement, même lorsque le groupe est beaucoup plus petit. Le drive d’une formation plus large reste perceptible dans un quintette : des accents puissants, des transitions nettes et de l’espace pour une voix individuelle.
LES JAZZ MESSENGERS COMME ATELIER DE TRAVAIL.
Les Jazz Messengers ont vu le pianiste Horace Silver comme l’un de leurs principaux bâtisseurs. Lorsque Silver a pris son propre chemin en 1956, Blakey a maintenu le groupe en mouvement. La formation ne cessait de changer. C’était essentiel au caractère du groupe : de jeunes musiciens apportaient de nouvelles compositions, d’autres phrasés et leurs propres idées. Blakey leur offrait une scène où il fallait agir immédiatement. Le groupe est ainsi devenu une véritable école, avec la scène comme pratique quotidienne. Le mot école peut sembler sage, mais cette musique en est rarement le reflet. Le défi consiste à écouter, à assumer ses responsabilités et à laisser un solo s’ancrer dans le rythme collectif.
MOANIN’ COMME RENCONTRE.
Moanin’ illustre parfaitement comment cette collaboration fonctionne. Lors des enregistrements de 1958, le trompettiste Lee Morgan, le saxophoniste ténor Benny Golson, le pianiste Bobby Timmons et le bassiste Jymie Merritt étaient aux côtés de Blakey dans le groupe. Timmons a écrit le morceau titre ; Golson a fourni quatre autres compositions. L’album offre ainsi plusieurs points de vue, tandis que le groupe sonne comme un tout. Le thème au piano de l’ouverture invite immédiatement à suivre le mouvement. Ensuite, les cuivres disposent d’assez d’espace pour faire entendre leur propre ton. Blakey rend palpable la transition du thème au solo. La mélodie reste le point de repère, tandis que la batterie veille à ce que la musique ne s’arrête pas lorsque quelqu’un choisit une autre direction.
BLUES, GOSPEL ET BORDURES ACIDES.
Le hard bop est souvent décrit comme un lien entre le be-bop, le blues et le gospel. Chez Blakey, c’est une piste d’écoute utile, tant que l’on ne réduit pas la musique à une étiquette. Observez la manière dont une phrase simple réapparaît et gagne ainsi en poids. Les cuivres peuvent faire résonner une idée brève comme une réponse, tandis que le piano peut ouvrir une voie. Sous ce mouvement accessible se cachent des surprises harmoniques et rythmiques. L’attrait réside dans cette combinaison : vous êtes emporté par quelque chose de reconnaissable, puis vous entendez sans cesse de nouveaux détails. Un groove solide n’exclut pas une musique complexe ici ; il permet de la suivre de près.
UN BATTEUR QUI COMPOSITIONNE AVEC LE GROUPE.
Lors d’un solo, écoutez au-delà du musicien qui est au premier plan. Blakey transforme l’énergie par des accents et des roulements, mais aussi en choisissant de rendre un moment plus discret. Sa contribution traverse l’arrangement. Dans The Drum Thunder Suite, la batterie occupe ostensiblement le rôle principal, tandis que les cuivres participent également à la construction de la forme. Ce morceau montre à quel point une batterie peut être riche en couleurs. Les différents mouvements sont plus qu’une démonstration de volume ou de vitesse. Ils transforment l’espace dans lequel le groupe joue. Lorsqu’une mélodie revient ensuite, elle sonne différemment en raison de ce que la batterie a construit entre-temps.
DES VOIX TOUJOURS NOUVELLES.
Wayne Shorter est devenu plus tard un compositeur et un leader musical important au sein des Jazz Messengers. D’autres musiciens comme Freddie Hubbard, Cedar Walton et Wynton Marsalis ont également fait partie de la longue histoire du groupe. Ces noms expliquent pourquoi un seul album ne raconte jamais toute l’histoire. Blakey n’a pas construit un groupe autour d’une formation qui devait rester identique pour toujours. Il a maintenu une manière de travailler ensemble, tout en faisant évoluer le contenu musical. Comparez donc des enregistrements de différentes périodes et écoutez le rôle des compositions. Certains morceaux s’ouvrent largement, d’autres sont plus anguleux ou laissent davantage de tension dans les accords. Le batteur reste reconnaissable, mais son environnement continue de le mettre au défi.
LES MESSENGERS SUR LP.
Un LP complet permet d’entendre Blakey en tant que leader de groupe. Un morceau présente une mélodie directe, presque chantante ; le suivant déplace l’attention vers un arrangement ou une idée rythmique. Cette alternance se perd lorsque seul l’opening le plus connu est écouté. Tournez un côté et suivez comment l’ambiance change. Accordez une deuxième écoute à la basse de Merritt, aux réponses du piano ou aux différences entre la trompette et le ténor. Le vinyle vous offre un rythme pratique pour cela : un côté délimité, une pause, puis un nouveau départ. La cohérence musicale émane des enregistrements eux-mêmes ; le tourne-disque aide surtout à se libérer du temps pour les écouter.
Lisez l’Album Story sur Moanin’. Sur la page artiste d’Art Blakey, vous trouverez les disques et d’autres histoires réunis.
Vous souhaitez écouter cet album sur vinyle ? Découvrez Moanin’ d’Art Blakey sur LP. La page du produit indique les informations et la disponibilité de l’édition proposée.
LES FAITS
DISCOGRAPHIE.
Une sélection du répertoire d’Art Blakey. Suivez les liens des albums pour les disques ou les histoires correspondants.
- 01
- 02
- 03
- 04
- 05
FAQ SUR ART BLAKEY.
Qu’est-ce qui caractérise la musique d’Art Blakey ?
Chez Art Blakey, la batterie est un point de départ à partir duquel tout le groupe est sollicité. Un roulement peut faire monter la tension, un coup sec ramener un soliste au rythme.
Par quel album puis-je continuer à écouter ?
Commencez par Moanin’ et placez ensuite un autre disque de la discographie à côté. Vous pourrez ainsi entendre par vous-même comment la voix, les instruments et les arrangements s’articulent les uns avec les autres.
Quels disques puis-je trouver chez SJELF ?
Sur la PAGE ARTISTE d’Art Blakey figurent les disques et les histoires associés. Ouvrez un produit pour connaître l’interprétation et la disponibilité actuelle.
À quoi faire attention avec une édition sur vinyle ?
Consultez sur la page du produit le label, le format et les informations d’édition indiqués. La date originale de l’album peut différer de celle d’une réédition. La couleur ou le poids du vinyle ne prouvent à eux seuls ni un autre mastering ni une meilleure qualité sonore.
PAR OÙ COMMENCER.
Commencez par le morceau titre, mais écoutez également Along Came Betty et Blues March. Vous entendrez ainsi comment le même groupe peut lier un passage lyrique, un groove puissant et des accents marqués. Retournez ensuite à un fragment où Blakey joue sous un soliste et écoutez sa réaction plutôt que le solo uniquement. C’est peut-être la manière la plus utile de comprendre son influence. Il veille à ce que les voix individuelles ressortent plus nettement tout en les maintenant ensemble. Les Jazz Messengers sont donc bien plus qu’une collection de noms célèbres a posteriori. Sur les disques, vous entendez le travail collectif au moment où il se crée, avec la batterie comme encouragement continu.
Découvrez d’autres disques et histoires sur la PAGE ARTISTE d’Art Blakey.




